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Gouvernance locale au Bénin : Le plafond de verre persiste pour les femmes en 2026

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L’épilogue des élections communales de janvier 2026 au Bénin livre un constat sans appel : la parité dans la gestion des cités reste un horizon lointain. Malgré les réformes politiques successives, les instances dirigeantes locales demeurent une chasse gardée masculine.

Alors que le Bénin a célébré l’installation des conseils communaux de la 5ème mandature en février 2026, les statistiques de l’exécutif local révèlent une réalité brutale. Sur les 77 Communes du pays, seules 4 femmes ont accédé au fauteuil de Maire (Toffo, Kandi, Kétou et Toucountouna). Ce chiffre, identique à celui de certaines mandatures précédentes, souligne une stagnation préoccupante de la représentativité féminine au sommet des Communes.

Une présence symbolique dans les bureaux communaux

Le déséquilibre ne s’arrête pas au poste de maire. Dans la hiérarchie des adjoints, la situation est tout aussi criarde. Sur les 308 postes exécutifs disponibles (maires et adjoints confondus), on ne dénombre que 15 femmes, réparties comme suit : 4 maires sur 77, 4 Premières adjointes au maire (Pam), 3 Deuxièmes adjointes au maire (Dam) ; et 4 Troisièmes adjointes au maire (Tam).
Cette représentativité d’à peine 4,8 % dans les bureaux exécutifs contraste avec le dynamisme des femmes dans la vie communautaire et associative du pays.

Le paradoxe des réformes

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Pourtant, le cadre législatif a évolué. Si le Code électoral révisé a permis d’assurer une présence minimale de 28 femmes à l’Assemblée nationale grâce au système de sièges réservés par Circonscription électorale, aucun mécanisme similaire de « quota contraignant » n’a été appliqué pour les postes exécutifs communaux.

Les analystes pointent du doigt plusieurs obstacles persistants dont le positionnement sur les listes, les partis politiques (principalement l’Up-R et le Br pour cette mandature) privilégient souvent les hommes en tête de liste ou pour les postes stratégiques lors des désignations. Les pesanteurs socioculturelles et le coût de l’engagement viennent également s’ajouter aux facteurs. En effet, la perception de la femme dans les sphères de décision reste marquée par des préjugés qui freinent leur ascension ainsi que l’accès aux ressources financières limité pour mener campagne.

Quel avenir pour la parité locale ?

Ce « score indigent » interpelle les acteurs politiques et la société civile. Si les élections de 2026 marquent une étape de plus dans la consolidation démocratique du Bénin, elles rappellent que l’inclusion réelle des femmes dans la gouvernance locale nécessite plus que des intentions. Pour beaucoup, l’instauration d’un mécanisme de positionnement alterné ou de quotas spécifiques aux exécutifs communaux est désormais la seule voie pour briser ce plafond de verre.

En attendant, ces 15 pionnières porteront sur leurs épaules la responsabilité de prouver, par les résultats, que la gestion de la cité n’a pas de genre.

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