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Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 6 mai dans la capitale congolaise, le président Félix Tshisekedi a brisé le tabou entourant son avenir politique. Alors qu’il effectue actuellement son second et dernier mandat constitutionnel, le chef de l’État a ouvert la porte à une éventuelle prolongation de son bail à la tête de la République démocratique du Congo.
C’est une déclaration qui risque de faire couler beaucoup d’encre dans la sphère politique congolaise. Interrogé sur ses intentions à l’issue de son mandat actuel, Félix Tshisekedi a clarifié sa position avec une nuance de taille. « Je n’ai pas sollicité un troisième mandat », a-t-il d’abord précisé, avant de tempérer : « mais si le peuple veut un troisième mandat, je l’accepterai ».
Successeur de Joseph Kabila en 2019, l’actuel chef de l’État se trouve pourtant face au verrou de la Constitution de 2006, qui limite strictement l’exercice de la fonction présidentielle à deux mandats. En conditionnant son maintien au pouvoir à la seule « volonté du peuple », Félix Tshisekedi semble préparer le terrain à un débat sur une éventuelle révision constitutionnelle ou un changement de loi fondamentale.
Cette sortie intervient dans un climat politique déjà tendu, où l’opposition et la société civile surveillent de près tout signe de glissement de calendrier ou de modification des règles du jeu démocratique. En s’en remettant au choix populaire, le président place désormais la balle dans le camp de l’opinion publique et de ses partisans, tout en laissant planer le doute sur la fin effective de son ère au sommet de l’État.