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Nidal Benali: « La jeunesse est déjà l’un des principaux moteurs du développement de l’Afrique »

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A l’occasion de sa visite au Bénin dans le cadre des festivités marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, Nidal Benali, président du Réseau marocain des conseils locaux de la jeunesse, livre son regard sur les relations exemplaires entre le Maroc et le Bénin, les enjeux de la coopération Sud-Sud et le rôle déterminant de la jeunesse dans l’intégration africaine. Dans cet entretien accordé à Africa Dev News, il appelle à une coopération durable entre les jeunesses africaines afin de bâtir un continent plus uni, innovant et prospère.

Africa Dev News : Vous êtes au Bénin du 2 au 8 août 2026 dans le cadre des festivités marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin. Quel message souhaitez-vous adresser au peuple béninois ?

Nidal Benali : Je tiens tout d’abord à adresser mes plus sincères félicitations à Son Excellence Monsieur Romuald Wadagni, président de la République du Bénin, ainsi qu’à l’ensemble du peuple béninois à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance.

C’est un véritable honneur d’être présent au Bénin en cette période symbolique. Depuis mon arrivée, j’ai découvert un peuple chaleureux, accueillant et profondément attaché à son histoire et à ses valeurs.

Je souhaite au Bénin davantage de paix, de prospérité et de développement. Cette fête nationale est l’occasion de rendre hommage aux générations qui ont construit le pays, mais aussi de rappeler que notre responsabilité est aujourd’hui de bâtir une Afrique plus forte, plus unie et plus résiliente.

Selon vous, quelle est la portée historique de la Fête nationale du Bénin pour l’ensemble du continent africain ?

Chaque fête nationale africaine dépasse les frontières d’un seul pays. Elle rappelle notre histoire commune, celle des peuples africains qui ont lutté pour leur liberté, leur souveraineté et leur dignité.

Aujourd’hui, la souveraineté signifie également être capables de développer nos économies, investir dans notre jeunesse, renforcer nos institutions et produire davantage de richesses sur notre continent.

Le Bénin, comme le Maroc, montre qu’avec une vision claire et des réformes ambitieuses, il est possible de construire un développement durable. C’est cette expérience que les pays africains doivent partager entre eux.

Le Maroc et le Bénin entretiennent d’excellentes relations d’amitié et de coopération. Comment appréciez-vous leur évolution ?

Les relations entre le Royaume du Maroc et la République du Bénin sont excellentes et continuent de se renforcer.

Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, et de Son Excellence le Président Romuald Wadagni, nos deux pays développent une coopération fondée sur le respect mutuel, la confiance et le partenariat gagnant-gagnant.

Cette coopération touche aujourd’hui l’éducation, la formation, les investissements, l’agriculture, le développement humain et les échanges entre les peuples.

Je tiens également à saluer la position constante du Bénin en faveur de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc et de la marocanité du Sahara, qui témoigne de la qualité des relations entre nos deux pays.

Quels sont, selon vous, les principaux acquis de cette coopération bilatérale ?

Le premier acquis est sans doute le capital humain. Chaque année, de nombreux étudiants béninois poursuivent leurs études au Maroc et reviennent ensuite mettre leurs compétences au service de leur pays.

Nous observons également une coopération croissante dans les domaines de la gouvernance locale, du développement humain, de l’agriculture, de la santé et des investissements.

Je pense aussi que les échanges entre les organisations de jeunesse et les collectivités territoriales représentent un potentiel considérable pour rapprocher davantage nos deux peuples.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI fait de la coopération Sud-Sud un pilier majeur de la politique étrangère du Royaume. Comment cette vision contribue-t-elle au renforcement de l’intégration africaine ?

La vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI repose sur une idée simple : le développement de l’Afrique doit être porté par les Africains eux-mêmes.

La coopération Sud-Sud est un partenariat fondé sur le partage des compétences, des investissements et des expériences, dans une logique de bénéfice mutuel.

Je souhaite également souligner l’importance de l’Initiative Atlantique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui permettra aux pays du Sahel d’accéder à l’océan Atlantique. C’est une initiative stratégique qui renforcera les échanges commerciaux, la connectivité régionale et l’intégration économique du continent.

Je pense que c’est exactement ce type de projets structurants qui permettra de construire une Afrique plus solidaire et plus prospère.

Quel rôle les organisations de jeunesse peuvent-elles jouer pour accompagner cette dynamique de coopération Sud-Sud ?

Les organisations de jeunesse sont aujourd’hui de véritables partenaires du développement.

Elles rapprochent les peuples, développent des projets communs, favorisent les échanges de bonnes pratiques et encouragent l’innovation.

Je le dis souvent : nous devons parler avec les jeunes et non parler des jeunes.

Les jeunes ne doivent plus être simplement consultés ; ils doivent participer dès le départ à la conception des politiques publiques et des projets de développement.

La coopération entre les organisations de jeunesse peut devenir un moteur essentiel de l’intégration africaine.

En tant que président du Réseau Marocain des Conseils locaux de la jeunesse, comment évaluez-vous la contribution des jeunes au renforcement de la gouvernance locale et de la démocratie participative au Maroc ?

Je suis convaincu que les jeunes ont un rôle essentiel à jouer dans la gouvernance locale.

A travers le Réseau marocain des conseils locaux de la jeunesse, nous encourageons les jeunes à participer activement aux politiques publiques locales et à proposer des solutions concrètes aux défis de leurs territoires.

Notre expérience montre que lorsque les jeunes disposent d’espaces de participation, ils deviennent une véritable force de proposition et d’innovation.

La démocratie participative ne peut être pleinement efficace sans la contribution des jeunes. Ils ne sont pas seulement les dirigeants de demain ; ils sont déjà des acteurs du changement aujourd’hui.

Face aux défis actuels du continent, notamment le chômage, les changements climatiques et les enjeux de paix et de sécurité, quel rôle la jeunesse africaine est-elle appelée à jouer ?

L’Afrique est le continent le plus jeune au monde, et c’est notre plus grande force. Les défis sont nombreux, mais ils représentent aussi des opportunités si nous investissons dans notre jeunesse.

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Je le dis souvent : le plus grand défi auquel les jeunes font face aujourd’hui n’est pas le manque d’idées, de talent ou de motivation. Le véritable défi est l’accès aux opportunités.

Les jeunes doivent être associés aux décisions, avoir accès à une éducation de qualité, au financement, aux nouvelles technologies et à l’entrepreneuriat. Ils doivent également être des acteurs de la paix, du dialogue et de la protection de l’environnement.

Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la stabilité et l’avenir de l’Afrique.

L’innovation et l’entrepreneuriat sont aujourd’hui des moteurs essentiels du développement. Comment les jeunes peuvent-ils être davantage accompagnés pour transformer leurs idées en projets créateurs de valeur ?

Nous devons créer un véritable écosystème favorable à l’innovation.

Cela passe par une formation adaptée aux besoins du marché, un meilleur accès au financement, des incubateurs, du mentorat et un accompagnement tout au long du parcours entrepreneurial.

Il est également important de renforcer les liens entre les universités, les entreprises, les collectivités territoriales et les organisations de jeunesse afin que les idées puissent devenir des projets concrets.

Les jeunes africains ont énormément de talent. Notre responsabilité est de leur donner les moyens de réussir.

Quelles opportunités identifiez-vous pour renforcer la coopération entre les organisations de jeunesse marocaines et béninoises ?

Je pense que nos deux pays disposent d’une jeunesse dynamique et engagée qui partage les mêmes aspirations.

Nous pouvons développer des programmes d’échange de jeunes leaders, organiser des formations communes, promouvoir l’entrepreneuriat, le volontariat, le développement durable et la gouvernance locale.

Nous pouvons également créer des plateformes permanentes de dialogue entre les organisations de jeunesse afin de partager nos expériences et développer des projets communs.

Les jeunes peuvent devenir les meilleurs ambassadeurs de l’amitié entre le Maroc et le Bénin.

Envisagez-vous des initiatives communes, telles que des échanges de jeunes, des formations, des forums ou des projets de coopération entre les Conseils locaux de la jeunesse du Maroc et les organisations de jeunesse du Bénin ?

Absolument. C’est même une priorité.

A travers le Réseau marocain des conseils locaux de la jeunesse, nous sommes prêts à travailler avec les organisations de jeunesse béninoises afin de développer des partenariats durables.

Nous pourrions organiser des échanges de jeunes, des formations sur le leadership et la gouvernance locale, des programmes de volontariat, des rencontres entre élus locaux et jeunes leaders, ainsi que des projets communs autour des Objectifs de Développement Durable.

Je suis convaincu que ce sont ces initiatives concrètes qui renforceront les liens entre nos deux pays.

Selon vous, quels mécanismes permettraient de bâtir un partenariat durable entre les jeunesses marocaine et béninoise au service de l’intégration africaine ?

Un partenariat durable doit s’inscrire dans le temps.

Il serait important de mettre en place des accords de coopération entre les organisations de jeunesse, des programmes d’échange annuels, des formations régulières, des plateformes numériques de collaboration et des projets communs financés par des partenaires africains et internationaux.

Nous devons passer d’une logique de rencontres ponctuelles à une coopération permanente.

C’est ainsi que nous construirons une nouvelle génération de jeunes leaders africains capables de travailler ensemble au-delà des frontières.

Quel regard portez-vous sur la place de la jeunesse dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable en Afrique ?

La jeunesse n’est pas seulement bénéficiaire des Objectifs de Développement Durable, elle en est l’un des principaux acteurs.

Qu’il s’agisse de l’éducation, de l’environnement, de l’innovation, de la santé ou de l’égalité des chances, les jeunes apportent des solutions nouvelles et une énergie indispensable.

Si nous voulons atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, nous devons donner aux jeunes une véritable place dans les processus de décision et dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Ils ne doivent pas être considérés uniquement comme l’avenir de l’Afrique, mais comme les acteurs de son présent.

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse béninoise et, plus largement, à la jeunesse africaine à l’occasion de la célébration de la Fête nationale du Bénin ?

Je voudrais dire à la jeunesse béninoise et à toute la jeunesse africaine de croire en son potentiel.

L’Afrique a besoin de votre énergie, de vos idées, de votre créativité et de votre engagement. N’attendez pas que les opportunités viennent à vous ; préparez-vous, formez-vous, entreprenez et engagez-vous dans vos communautés.

Je voudrais également rappeler que l’avenir de notre continent dépendra de notre capacité à travailler ensemble. Les défis que nous affrontons sont communs, et les solutions doivent l’être aussi.

A l’occasion de cette Fête nationale, je renouvelle mes plus sincères félicitations à Son Excellence Monsieur Romuald Wadagni, Président de la République du Bénin, ainsi qu’à l’ensemble du peuple béninois.

Je forme le vœu que les relations d’amitié et de coopération entre le Royaume du Maroc et la République du Bénin continuent de se renforcer sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, et des autorités béninoises, au service de la paix, du développement, de la jeunesse et de l’intégration africaine.

Je terminerai par un message qui me tient particulièrement à cœur : nous devons faire confiance à notre jeunesse, non seulement parce qu’elle représente l’avenir de l’Afrique, mais parce qu’elle est déjà l’un de ses principaux moteurs de développement. Ensemble, construisons une Afrique plus unie, plus innovante, plus prospère et pleinement maîtresse de son destin.

Propos recueillis par Serge Adanlao

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