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Romuald Wadagni : Dans l’engrenage de la continuité et de l’approfondissement des réformes au Bénin

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Désigné candidat de la majorité présidentielle, Romuald Wadagni, actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des finances, est perçu comme l’homme clé pour consolider et accélérer le chantier de développement du Bénin. Fort de son expérience en tant qu’artisan principal des réformes économiques sous Patrice Talon, son programme s’articulerait autour de la poursuite des transformations engagées.

Priorités économiques et financières

Sa compétence de technocrate, saluée par les partenaires internationaux, lui a valu d’être sacré ministre des Finances d’Afrique à plusieurs reprises. Ses chantiers prioritaires comprendraient : l’assainissement des finances publiques et la rigueur budgétaire (poursuivre la gestion transparente et rigoureuse qui a permis au Bénin d’enchaîner les bonnes performances sur les marchés financiers et d’obtenir des notations favorables auprès des agences internationales); le financement des grands projets structurants (continuer à mobiliser des financements, notamment par le biais d’émissions obligataires, pour soutenir les investissements dans les infrastructures et les secteurs clés du développement); la modernisation de la gouvernance économique (renforcer la digitalisation fiscale et la transparence budgétaire, des domaines dans lesquels il a déjà joué un rôle majeur).

Axes de développement social et infrastructurel

Tout en capitalisant sur le bilan économique, Romuald Wadagni devra, selon les observateurs, répondre aux aspirations sociales du peuple béninois. Les chantiers à venir incluraient : la poursuite du Programme d’action du gouvernement (Pag) (Finaliser et approfondir les projets d’infrastructures déjà lancés, tels que l’aménagement et le bitumage de la Route des pêches, la construction de la route de contournement nord de Cotonou, et la modernisation de l’administration foncière). Le successeur de Patrice Talon devra également améliorer le social. Bien que son approche économique soit parfois critiquée pour ses politiques sociales par l’opposition, il devra intégrer des mesures fortes pour le bien-être social dans son programme présidentiel.
Romuald Wadagni représente donc une promesse de stabilité et de continuité pour la majorité présidentielle, qui souhaite préserver les acquis du régime Talon et assurer le prolongement des réformes qui ont renforcé la crédibilité du Bénin sur la scène internationale.

L’os qui restera dans la gorge

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Si Romuald Wadagni est élu en 2026, la question des prisonniers politiques et des exilés constituera l’un de ses défis les plus scrutés pour garantir la stabilité et la réconciliation nationale. Bien que le gouvernement actuel réfute l’existence de « prisonniers politiques », cette thématique reste au cœur du débat démocratique béninois. Le sort des opposants condamnés après l’élection de 2021 sera un test majeur pour une éventuelle présidence Wadagni. L’ancienne ministre Reckya Madougou, condamnée à 20 ans de prison pour « financement du terrorisme » et Joël Aïvo, condamné à 10 ans pour « complot contre la sûreté de l’État » devront faire l’objet d’une attention particulière. Une mesure de grâce présidentielle ou une loi d’amnistie, déjà suggérée par l’opposition, pourrait être envisagée par le futur président pour apaiser les tensions, bien que Patrice Talon soit resté ferme sur le respect des décisions de justice jusqu’à présent.

Le retour des exilés politiques

Plusieurs personnalités politiques vivent en exil depuis 2019 et 2021 (comme Sébastien Ajavon, Komi Koutché, Valentin Djènontin ou Léhady Soglo). Pour Romuald Wadagni, favoriser leur retour pourrait : rétablir un climat de confiance avec la classe politique et la diaspora et répondre aux pressions internationales (Onu, France, Ue) qui appellent régulièrement à un dialogue inclusif et à la libération des détenus.

La réconciliation comme levier économique

En tant qu’expert-comptable et technocrate, Wadagni sait que l’image du pays est cruciale pour les investisseurs. L’apaisement politique renforcerait la notation souveraine du Bénin sur les marchés financiers, domaine qu’il maîtrise parfaitement. La libération de détenus d’opinion perçus comme tels par une partie de la population aiderait à prévenir de nouvelles crises post-électorales.

Entre continuité et rupture

Le défi de Wadagni sera de s’émanciper de l’image de « dauphin » tout en préservant l’héritage de rigueur de Patrice Talon. Si Talon a martelé qu’il n’y a pas de prisonniers politiques, un successeur pourrait disposer d’une plus grande marge de manœuvre diplomatique pour tourner la page des années de crispation sans pour autant renier les salvatrices réformes judiciaires engagées.

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