Africa Dev News est un média panafricain d'informations, d'analyses, d'investigations et de publicités, avec un focus sur le Bénin où il est basé.
Redonner aux médias leurs lettres de noblesse dans un contexte régional hautement sensible. C’est tout l’enjeu du séminaire de formation qui réunit, du 19 au 21 mai 2026 à Cotonou, plusieurs journalistes venus de l’ensemble du territoire national. Cette rencontre de trois jours est consacrée aux défis liés aux médias, à l’Intelligence artificielle (Ia), à la désinformation, à la paix et à la cohésion sociale au Bénin et en Afrique de l’Ouest. L’atelier est co-organisé par le média Banouto et son partenaire, la Fondation de l’information et de la participation (Fiap).
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet de soutien de l’Union européenne à la Cedeao en matière de paix, de sécurité et de gouvernance (Epsg) au Bénin.
Lors de son propos introductif, Léonce Gamaï Davodoun, gérant de Banouto, a planté le décor en exposant les motifs profonds de cette formation. Il a rappelé la nécessité pour la presse locale de s’adapter aux mutations technologiques pour rester pertinente. La communication inaugurale, animée par Expédit Ologou, expert en gouvernance, sécurité et médias, a dressé un diagnostic sans concession de la situation régionale. Intitulée « Désinformation, crises géopolitiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest : défis et responsabilité des médias », son intervention a présenté le tableau sombre des pays touchés par le terrorisme en 2025. Selon l’expert, la dégradation sécuritaire actuelle est intrinsèquement liée aux récents coups d’Etat et aux luttes d’influence géopolitique entre grandes puissances mondiales au Sahel.
Réinventer un journalisme en perte de vitesse
Face à la prolifération des canaux numériques, Expédit Ologou a déploré la perte d’impact des rédactions traditionnelles : « Une puissance médiatique désormais impuissante », a-t-il regretté. Pour l’expert, la survie de la presse classique ne doit pas se limiter à une simple réaction défensive. « Au fond, pour continuer d’exister, les médias traditionnels courent après ces deux concurrents (l’adaptation obligée aux procédés et techniques des médias numériques) ; le refuge pompeux dans le fact-checking. » L’intervenant reste convaincu qu’un sursaut reste possible. « Il est encore possible de faire du journalisme à condition de : recouvrer de la légitimité et de la crédibilité ; se réinventer par des productions innovantes ; s’imposer la fermeté sur les principes cardinaux du métier, à savoir l’objectivité et le professionnalisme », a-t-il martelé devant les participants.
Une feuille de route pratique sur trois jours
Le reste du programme s’annonce intensif avec plusieurs modules clés : L’anatomie générale des désordres de l’information en Afrique de l’Ouest et au Bénin; L’usage responsable de l’Ia par les médias face à la désinformation et aux discours de haine; Les méthodes et étapes concrètes à suivre pour lutter contre les fake news. Les journalistes participeront également à des ateliers de groupe pour co-construire une boîte à outils pratique contre les dérives informationnelles. Enfin, des panels de discussion croiseront les regards sur le journalisme en zone de crise et le rôle des médias dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.