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A un peu plus de deux mois de l’Assemblée Générale élective de la Fédération Béninoise de Football (FBF), les différents prétendants peaufinent leurs stratégies. Selon nos informations, ils sont trois ou quatre à continuer à viser le fauteuil occupé par le président Mathurin de Chacus, grande figure du football national ces huit dernières années.
Qui prendra la succession de Mathurin de Chacus à la tête de la Fédération Béninoise de Football ? Cette question revient de plus en plus dans le milieu du football béninois. Et à juste titre. Mathurin de Chacus est en train de boucler son deuxième et dernier mandat. Il cédera donc son fauteuil à son successeur le 22 août prochain, date prévue pour l’Assemblée Générale élective. Une session qui sera très scrutée, tant les enjeux sont grands avec les prétendants les plus sérieux à la succession de Mathurin de Chacus. A l’étape actuelle où notre football est dans une phase ascendante avec des résultats probants et de bonnes perspectives, il importe tout de même que le prochain président justifie d’un profil susceptible de garantir une continuation méthodique et bien maitrisée des actions conjointement mises en œuvre par le Gouvernement et la FBF. Ce profil recherché doit réunir compétence intellectuelle (pour la compréhension des dossiers tant au plan national qu’international), leadership apaisé (pour la gestion de l’ensemble des acteurs) et vision ambitieuse pour le football béninois. A l’analyse, tous les prétendants actuels ne sont pas qualifiés pour cette expérience extrêmement exigeante.
Francis Koto Gbian : Député à l’Assemblée nationale depuis peu, l’actuel premier vice-président de la FBF sera sans doute préoccupé par les tâches républicaines qu’il assume pour la première fois en tant qu’élu de la nation. Entre les travaux en séance plénière au Parlement, les séminaires, les nombreuses missions ou encore les activités politiques, il semble être déjà trop sollicité pour prétendre diriger la FBF. En cumulant ces deux postes, il y a sans doute des risques qu’il ne soit performant ni au Parlement, ni à la FBF. Une institution aussi stratégique a besoin d’un dirigeant pleinement disponible et engagé. Cela permet d’assurer le suivi des dossiers, d’avoir la réactivité nécessaire face à certaines situations, d’éviter le risque de délégation excessive et les conflits d’intérêts potentiels. Ce sont des défis que Gbian ne peut raisonnablement relever en étant député à l’Assemblée nationale.
Alphonse Ayéma Pédro : Jeune opérateur économique opérant dans divers secteurs, le quatrième vice-président de la FBF présente pour atouts sa fougue et son ancienneté dans le football béninois. Il a une bonne connaissance du milieu pour avoir participé à différents Comité Exécutifs. Cependant, ce candidat potentiel présente des insuffisances évidentes quant à sa capacité d’analyser les dossiers. De plus, pour avoir contribué depuis plusieurs années à faire et à défaire les clans au niveau de la famille du football béninois, il part avec une réputation discutable pour le rassemblement nécessaire de tous les acteurs dont un bon nombre l’estime pas assez fiable. Il y a aussi un risque de conflits d’intérêts par rapport à ses relations d’affaires avec des fournisseurs dans le monde du football. En réalité, une Fédération de football doit être dirigée par une personne dont l’engagement principal est le développement du football, et non la gestion d’intérêts économiques multiples. Il est donc évident qu’en tant qu’opérateur économique au cœur de la passation des marchés, il y aurait des suspicions permanentes de conflit d’intérêt. Ses méthodes rustres ne plaident pas non plus en sa faveur.
Marcellin Bocovè : Président de club depuis plus d’une décennie et cadre supérieur ayant exercé durant plusieurs années dans la passation et la gestion des marchés publics, sa compétence intellectuelle et sa tempérance militent pour lui. Il semble cocher toutes les cases et être taillé pour devenir le prochain président de la FBF. D’ailleurs, sa cote ne cesse de grimper dans l’opinion. On sent clairement qu’il s’est préparé méthodiquement pour cette échéance. A peine la soixantaine, il sait que la présidence d’une Fédération de football exige une disponibilité, une neutralité et un engagement de tous les instants. Des qualités qui lui collent naturellement à la peau. En plus, c’est une compétence rare dont le football béninois pourrait se doter pour poursuivre l’œuvre du Comité exécutif conduit par Mathurin de Chacus. Il a clairement le profil nécessaire pour implémenter une gouvernance méthodique, apaisée et efficiente à la FBF.
Anjorin et Ahouanvoèbla rêvent toujours d’un retour
De nos investigations, il ressort que le groupe porté par Anjorin Moucharafou et Augustin Ahouanvoèbla rêve aussi de reprendre la tête de la FBF. Anjorin, lui, est néanmoins barré par l’article 35.4 des statuts de la FBF qui fixe la limitation d’âge à 70 ans. Son rêve de reprendre la présidence de la FBF ne peut donc être réalisé par lui-même. Étant forclos, il aurait sollicité quelques acteurs majeurs pour la cause. Le groupe peaufinerait tous les schémas possibles (Augustin Ahouanvoèbla, Magloire Oké, Labiou Djibril, etc.) pour une candidature qu’il portera en sourdine. Mais ces anciens présidents de la FBF apparaissent plutôt un peu distancés. Les acteurs n’ont visiblement pas oublié ce passé tumultueux du football béninois. Certains évoquent les championnats interrompus, les querelles intestines au sein du Comité exécutif de la FBF, les crises intempestives, la paralysie des activités à la FBF… Il faudra un peu plus pour convaincre la grande majorité des délégués.