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Bénin : L’encadrement de l’Ivg, une réponse du gouvernement pour lutter contre les avortements clandestins

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Face aux conséquences dramatiques des avortements clandestins sur la santé des femmes, le gouvernement béninois a fait le choix de l’encadrement légal de l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg). A travers la loi révisée sur la Santé sexuelle et reproductive et son décret d’application, l’exécutif entend réduire la mortalité maternelle, renforcer la sécurité des patientes et garantir une prise en charge médicale conforme aux normes sanitaires. 

Longtemps considérés comme un problème de santé publique, les avortements clandestins ont été à l’origine de nombreuses complications médicales, de séquelles graves et de décès maternels au Bénin. Constatant les limites du dispositif juridique antérieur, le gouvernement a engagé une réforme visant à mieux encadrer les interruptions volontaires de grossesse dans les situations prévues par la loi. 

Cette volonté s’est traduite par l’adoption de la loi n°2021-12 modifiant et complétant la loi relative à la santé sexuelle et à la reproduction, puis par le décret n°2023-151 du 12 avril 2023 fixant les conditions de réalisation de l’Ivg. L’objectif affiché est de sortir cette pratique de la clandestinité lorsqu’elle est autorisée par la loi, afin de préserver la vie et la santé des femmes concernées. 

Le décret encadre strictement la pratique. L’Ivg ne peut être réalisée que par un médecin, une sage-femme ou un infirmier dûment habilité, au sein d’établissements de santé publics ou privés disposant d’un agrément spécifique délivré par le ministère de la Santé. Les structures sanitaires doivent répondre à des normes techniques précises et assurer un accompagnement psychologique et social avant et après l’intervention. 

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Le texte prévoit également le respect du secret professionnel, la clause de conscience pour les professionnels de santé qui ne souhaitent pas pratiquer l’Ivg pour des raisons personnelles ou religieuses, ainsi que l’obligation d’obtenir le consentement libre et éclairé de la patiente après une information complète sur les risques et les différentes procédures. 

A travers cet encadrement, le gouvernement béninois affirme que sa démarche relève avant tout d’une politique de santé publique. L’ambition est de réduire les recours aux pratiques clandestines, souvent réalisées dans des conditions dangereuses, tout en offrant aux femmes concernées une prise en charge médicale sécurisée, digne et respectueuse des dispositions légales en vigueur. 

En mettant en place un cadre juridique et sanitaire rigoureux, le Bénin réaffirme son engagement en faveur de la protection de la santé des femmes et de la prévention des décès liés aux avortements non sécurisés, tout en veillant au respect des conditions définies par la législation nationale.

Serge Adanlao

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